Projet tableaux-contes en Guyane

Publié le par run.s

Création de conte avec et pour les enfants de Guyane

Ou le pourquoi des tableaux-contes à l'école.


Motivations personnelles :

Lors de ma première venue en Guyane, je me suis greffé comme bénévole à l’association « lire c’est partir » qui a pour but de distribuer des livres à prix très modiques (de 1 à 2 €) dans les écoles primaires. Les auteurs de ces contes étant pour la plupart métropolitains, leurs histoires parlaient de grandes villes, de cultures lointaines. Fait flagrant : quelques enfants achetaient jusqu'à plusieurs exemplaires d’un petit conte africain, (illustré de palmiers, de cases, de caïmans), auxquels ils s’identifiaient plus qu’aux autres volumes qui illustraient la vie des villes et les campangnes européennes. De là est venu mon désir d’écrire et de faire écrire des contes locaux sur lesquels ils pourront parfaire leur lecture avant de passer aux histoires des « autres mondes ».


Contexte :

Une importante majorité des enfants de Guyane a une culture parlée, faite à base de contes oraux, de présages…

Dans certaines familles, la lecture est peu prisée par manque de moyens financiers ou de motivation culturelle.


Buts :

Permettre à un public local de raconter et de fixer sur un support sa propre culture, les éléments de sa vie quotidienne, les croyances qu’il voudra bien dévoiler…

Emuler la motivation des enfants à la lecture en leur proposant des textes issus de leur propre imagination.

Faire entrevoir aux enfants que l'investissement dans un travail de création peut amener à l'épanouissement tant personnel que collectif.

Pouvoir faire circuler des textes qui permettront aux enseignants de s’appuyer sur des écrits locaux.


Moyens nécessaires :

- Matériel :

Matériel informatique, imprimante, logiciels de traitement de texte, d’image (pour illustrations), matériel de dessin, tableau pour l’extérieur.

- Humain :

L’intervenant.


Préparation d’une séance :

Plusieurs paramètres entrent en ligne de compte demandant une préparation avec le chef d’établissement, le professeur ou l’instituteur :

1 - former des groupes plus ou moins nombreux en fonction de la faculté des enfants à s’auto-discipliner. Selon, il pourra alors être choisi une salle de classe vide pour garder l’ambiance d’un milieu studieux ou s’installer près d’une crique, sous un arbre pour favoriser l’imagination.

2 - si les enfants ont des difficultés à s’exprimer en français, un traducteur sera nécessaire.

3 - connaître au préalable les enfants qui ont du mal à s’exprimer pour que l’histoire soit le fait de tous et non de quelques élèves « moteurs ».

4 - Eventuellement suivre un thème selon les programmes des enseignants (sensibilisation à l’environnement, la non violence ou tout autre facteur susceptible de se greffer sur un programme scolaire pour une continuité…).

La durée d’une séance dépendra de certains de ces facteurs.


Déroulement d’une séance :

Une fois les groupes constitués et le lieu défini, nous nous présentons.

Je présente le projet immédiat : nous allons écrire une histoire entre nous. Elle sera notre œuvre personnelle et tout le monde s’y reconnaîtra.

Je présente le tableau qui sera la mémoire de notre conte pour que chacun puisse en visualiser le déroulement.

Nous définissons qui sera le héros de l’histoire, lui trouvons un nom, les qualités et les défauts qui le définiront. Il aura des ennemis et des amis, devra quitter son village, son pays ou y retourner. Combattre ou demander l’aide d’hommes, d’esprits ou d’animaux d’ici ou d’ailleurs,.

Tout en étant attentif à ce que chacun puisse étayer l’histoire de sa propre anecdote, poser des questions pour faire avancer l’histoire, l’entraver, la libérer…

Proposer des solutions à débattre dans les impasses, des votes à main levée pour le sort d’un personnage…

J’essaye de ne laisser aucun point obscur au cours de l’élaboration, car les enfants ont du mal à revenir en flash back sur des éléments passés et s’embrouillent lors de la reprise.


 

Finalité :

Je rédige ensuite les notes prises en un conte abouti. Rendez vous est donné à l’enseignant pour lui remettre une copie finie et lui donner les impressions et les observations du déroulement de la séance.


Propositions d’évolution :

Suivant les disponibilités de son programme scolaire, il peut ensuite faire illustrer le conte par les élèves. J’ai la possibilité d’illustrer ou de faire illustrer les histoires créées pour un meilleur rendu en publication.

Autour du conte, il peut être envisagé de créer les costumes, les décors, la musique, et de monter une troupe en vue de présentation dudit conte sous forme théâtrale dans les autres établissements scolaires.

Après accords avec les éditeurs intéressés, et suivant la quantité d’œuvres finalisées, nous pouvons proposer un recueil de contes par établissement, commune ou sur de département de la Guyane.

Je peux prendre en charge l’ouverture et la programmation d’un site internet pour y stocker et y diffuser les contes et leurs évolutions.


Interêts du projet :


Pour la collectivité :

  • Les enfants ressentent la fierté de voir leur oeuvre diffusée, et trouvent pragmatiquement l’intérêt du travail de la lecture et de l’écriture.

  • Leur valorisation d’avoir chacun un volume de leur propre travail et avoir la motivation d’en faire profiter leur famille et entourage pour promouvoir la culture.

Personnellement :

  • La curiosité d’entrer dans un monde imaginaire autre que celui que je côtoie habituellement,

  • Mon perfectionnement à la culture locale au travers de la vision qu’en ont les enfants, afin de mieux cerner leurs attentes en matière de lecture.

  • Me permettre de gagner ma vie de la manière la plus passionnante pour moi : collecter et diffuser l’imagination.



Publié dans Tableaux-contes

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